Les Suédois de Domkraft ont dévoilé le titre Void Runner, premier extrait de leur prochain album, “Night Songs“, attendu le 20 novembre 2026 via Magnetic Eye Records. Ce cinquième long-format du trio de heavy-rock psychédélique/stoner/doom s’annonce déjà comme l’un de ses disques les plus chargés émotionnellement de leur parcours.
« Vous connaissez cette sensation quand vous vous dites qu’à partir de maintenant, les choses ne peuvent aller qu’en s’améliorant ? », lance avec un humour noir mordant le chanteur et bassiste Martin Wegeland. « Cette idée que vous avez enfin touché le fond ? L’état du monde finit toujours par vous prouver le contraire. Cette chanson revient en gros à dire : “Allez-y, donnez-nous votre meilleur coup, bande d’enfoirés !“ » Pour Domkraft, il n’est donc plus vraiment question de croire en des lendemains forcément meilleurs, mais plutôt de serrer les dents et de se préparer à encaisser.
Pour autant, Void Runner n’a rien d’un hymne à la résignation. « Il s’agit davantage d’accumuler suffisamment de force pour tenir le choc sans se briser, et peut-être même réussir à danser au milieu du chaos », poursuit Wegeland.
Cette tension entre peur, colère, soulagement et espoir traverse “Night Songs“. Le nouvel album porte notamment l’empreinte de la grave crise médicale traversée en 2025 par le guitariste Martin Widholm, contraint de subir plusieurs opérations complexes. Si ses compagnons n’ont évidemment pas vécu cette épreuve dans leur chair, ils en ont eux aussi subi les répercussions, témoins d’une période aussi éprouvante que bouleversante.
Durant la longue convalescence de Widholm, le regard du groupe sur la vie et sur ce qui compte réellement s’est déplacé. Lorsque Domkraft a commencé à composer ces nouveaux morceaux, les émotions contradictoires ont naturellement infiltré la musique comme les textes : de la peur proche de la panique à un soulagement encore fragile, de la tristesse à la joie, de l’espoir au désespoir.
Au bout du compte, une évidence s’est imposée aux trois musiciens. Malgré les coups du sort, ils étaient toujours là, capables de faire ce qu’ils aiment le plus : créer de la musique. Et, visiblement, de la transformer en carburant pour continuer à avancer.
Photo : © Fredrick Francke

