De la Fuzz, du filtre, de la stéreo, des bandes high et low séparées… Autant de folles options toutes incluses dans cette saturation au caractère affirmé, qui ne fait rien comme les autres.
Il régnera toujours chez Death By Audio cette indéniable envie de proposer des effets à la fois innovants et portés sur le côté noisy du son qui livrent un résultat différent du reste de la production et possèdent un vrai caractère unique. La Crossover Fuzz ne fait pas exception à la règle. Cet imposant bloc délivre, comme son nom l’indique, un son de Fuzz tant prisé par la marque d’Oliver Ackermann. Mais il le fait de manière singulière. D’abord parce qu’il utilise une section de filtres qu’on retrouve aussi sur de nombreux autres produits du catalogue, ensuite parce qu’il s’amuse à diviser cette même Fuzz en deux sections, l’une portée sur les graves et l’autre sur les aigus. De quoi s’amuser à peaufiner son travail sur ces fréquences avant de tout balancer dans un ampli, voire deux, ce qui change considérablement la donne.
Pour cela, la Crossover Fuzz dispose de deux réglages identiques par bande : un Gain et un Volume pour les aigus, la même chose pour les graves. Restent deux autres potards, Freq et Res, qui servent à égaliser, filtrer et répartir le travail de résonance… Bien entendu, pour une meilleure gestion de certaines manipulations en temps réel, la pédale est équipée d’une entrée pour pédale d’expression (pour gérer le réglage Freq). Après avoir relié notre guitare de type Les Paul à l’Input mono (car on dispose ici d’entrées et sorties en stéréo), nous avons apprécié les premières notes avec un gain très faible avant de vite nous faire rattraper par l’envie d’envoyer le bois. Hop, potards de Fuzz à fond !
Freq Show
Le son est énorme et l’interaction entre les potards très bien pensée. Car au-delà des réglages de fréquence et de résonance, le simple fait de posséder un potard de volume pour les aigus et un autre pour les graves facilite grandement les réglages. En se mettant à la place d’un guitariste en studio de répétition ayant accès à un seul ampli (configuration classique pour un groupe de rock), on a donc écouté le résultat en utilisant la sortie mono. Ça marche déjà terriblement bien. En conservant le potard de Res fixe, on s’est amusé à tourner le réglage de Freq (exemple 1). On conserve un son massif, mais on réussit à affiner deux ou trois petits trucs qui peuvent changer et aider à percer dans le mix tout en disposant d’une Fuzz qui se cale bien sur les deux bandes (pour les graves et les aigus) qu’on peut s’amuser à faire évoluer avec les deux volumes.
Fuzz Highs et Lows : Gain à fond + Volume à 12h – Res : 12h – Jeu avec le potard de Freq
Temps réel
Après avoir joué avec le potard de Freq, on décide faire de même avec le réglage de Res. En gardant le Freq à midi et en bidouillant le Res, on a réussi à conserver un son massif auquel on a réussi à ajouter une sorte pointe dans les aigus sans perdre le bas du spectre. Au final, on s’est quand même plus amusé en mettant le Res à fond et en remettant la main sur le réglage de Freq (exemple 2). On comprend définitivement l’intérêt de posséder une pédale d’expression pour tirer toute la quintessence de cette Fuzz filtrée. Mais en restant avec les deux potards à midi, rien qu’en utilisant le Gain et le Volume des deux saturations, on s’amuse déjà beaucoup en réussissant à sculpter une Fuzz dévastatrice qui sonne différemment.
Fuzz Highs et Lows : Gain à fond + Volume à 12h – Freq : 12h (dans un premier temps) – Jeu avec le potard Res, (une fois à fond, retour au jeu avec le potard Freq)
La preuve par deux
On a voulu en savoir plus sur le rendu de cette Fuzz quand on mettait en action les deux Out. Contrairement aux sorties stéréo généralement observées sur de nombreux autres pédales (notamment celles de modulation et de spatialisation), celles de la Crossover Fuzz ont chacune leur « identité » indiquée sur la sérigraphie : Highs (Mono) et Lows. Nous avions jusqu’alors seulement utilisé la sortie Highs seule. On se rend encore plus compte de l’intérêt de cette pédale d’effet dans ce contexte. Ce n’est pas nécessairement une question de spatialisation et d’envoi d’un son encore plus large, mais c’est surtout de disposer désormais d’un ampli pour chaque fréquence (en sachant qu’on peut intervenir sur les réglages de chaque ampli pour peaufiner le son obtenu). Le rendu est génial (sur l’exemple 3, on vous conseille une écoute au casque pour mieux comprendre le résultat). Et comme la Crossover Fuzz dispose aussi de deux entrées, on peut disposer d’une vraie stéréo sur toute la ligne, chose qui ravira les possesseurs de claviers et autres périphériques de ce type.
Bien entendu, comme toute bonne Fuzz qui se respecte, les samples enregistrés pour cet essai ont aussi bénéficié de cette pédale au moment de mettre la basse en boîte. Oui, la facture peut paraître un brin élevée si on ne se penche pas en détails sur cette Death By Audio, en la considérant comme une simple Fuzz. Mais quand on comprend ses possibilités et qu’on entend le son obtenu, on se dit que l’investissement en vaut franchement la peine, encore plus si on aime à la fois la bidouille, l’expérimentation sonore et les sons qui défouraillent. Une saturation une nouvelle fois à part.
Fuzz Highs et Lows : Gain à fond + Volume à Midi (sorties stéréo utilisées sur ce sample) – Res : 12h – Jeu avec le potard de Freq
Caractéristiques
- Type : Fuzz avec filtres
- Contrôles : Highs : Volume, Gain – Lows : Volume, Gain – Freq, Res
- Connectique : Input Low, Input High, sortie Highs (Mono) et Lows, entrée expression Freq
- Dimensions : 146 x 132 x 60 mm
- Poids : 0,52 kg
- Origine : États-Unis
- Prix : 379€
- Contact : www.fillingdistribution.com
Matériel utilisé pour les samples audio
– Custom 77 London’s Burning CS3 (Type Les Paul)
– Ibanez ATK 5 cordes
– Two Notes Torpedo Reload
– Interface Audio Zoom R16
– IK Multimedia ToneX

