En choisissant d’enregistrer son quatrième album en live, dans une maison de famille perdue au fin fond de la campagne aveyronnaise, Birdstone a visiblement préféré fuir le vacarme du monde plutôt que de courir après son époque. Et c’est tant mieux.
Sobrement baptisé « IV », ce nouveau long format respire le grand air, la sueur et les nuits sans lune. Un heavy-rock tellurique, traversé de fulgurances psychédéliques, qui emprunte autant aux riffs incandescents de Graveyard, à certaines parties vocales quasi incantatoires chères à Mountain Dust (Fade And Disappear) qu’aux atmosphères poisseuses de The Devil And The Almighty Blues, sans jamais se contenter de jouer les élèves appliqués. Car le trio pictavien a ses propres obsessions : mythologie, ésotérisme et goût prononcé pour les territoires incertains. Sa musique avance ainsi à découvert, entre décharges électriques et plages plus inquiétantes, avec cette rugosité qui fait tout son charme. Pas question de céder aux sirènes d’une production trop propre ni de se lancer dans une chasse aux refrains calibrés. Birdstone préfère les aspérités aux finitions impeccables, les tensions souterraines aux effets faciles.
Enregistrés dans les conditions du direct, les six morceaux conservent une indéniable spontanéité, comme si chacun d’entre eux pouvait déraper à tout instant. Il en ressort un album contrasté, habité, qui rappelle qu’un bon disque de (heavy) rock doit aussi savoir prendre quelques risques et, parfois, garder une part de mystère.

