La JHS Pedals Double Dragon s’aventure sur les terres des effets analogiques d’octave, en revisitant l’héritage des circuits mythiques apparus il y a plus de quarante ans. Ici, pas de tracking chirurgical ni d’algorithmes numériques ultra-propres : la pédale revendique une approche entièrement analogique, centrée sur le grain, la dynamique et les réactions parfois capricieuses qui ont fait la réputation de certains effets du même type (MXR Blue Box, DOD Octoplus, Boss OC-2, Ibanez OT10, Electro-Harmonix Micro Synth).
Au cœur du dispositif, on trouve un circuit d’octave divider monophonique combinant deux registres distincts. L’octave inférieure pose les fondations : épaisse, elle rappelle immédiatement les pédales d’Octafuzz qui ont marqué l’histoire du rock. L’octave supérieure, de son côté, injecte une distorsion chargée en médiums, dans un esprit très proche de références comme la Tycobrahe Octavia ou la Shin-Ei Superfuzz. Résultat : un spectre sonore dense et incisif, capable de transformer un riff en véritable mur de son.
Comme souvent avec l’analogique pur jus, la Double Dragon ne cherche pas à tout lisser. Les notes isolées sont suivies avec efficacité et produisent des lignes massives et compactes. Mais dès que l’on attaque des accords, le circuit révèle son tempérament : sauts d’octave imprévisibles, glitches occasionnels et saturations rugueuses évoquent le comportement parfois incontrôlable de certains synthétiseurs analogiques vintage.
Côté réglages, la pédale offre une palette suffisamment large pour sculpter le mélange des signaux. Le potentiomètre Volume gère le niveau de sortie global et dispose d’une réserve de gain confortable, permettant même d’utiliser l’effet comme un léger préampli. Le contrôle Dry dose le signal direct dans le mix, tandis que Oct− et Oct+ règlent respectivement l’intensité de l’octave inférieure et celle de l’octave supérieure saturée. L’ergonomie repose sur deux footswitchs : l’un active la pédale, l’autre engage le circuit d’octave supérieure pour basculer instantanément vers un registre plus agressif.
Fabriquée aux États-Unis, la Double Dragon s’adresse clairement aux guitaristes (mais aussi aux bassistes aventureux), qui recherchent un Octaver au caractère affirmé. Une pédale moins axée sur la perfection technique que sur la personnalité sonore, avec ce petit supplément d’imprévisibilité qui fait tout le charme des circuits analogiques. Tarif annoncé : 229€.

