STEAK – Steak – (Stickman Records)

Quinze ans après ses premiers coups de boutoir dans la scène britannique stoner, Steak continue d’évoluer en proposant une musique qui se veut aujourd’hui un brin plus ambitieuse. Avec ce quatrième album dépourvu de titre, comme pour mieux souligner si ce n’est un nouveau départ du moins une ère nouvelle, le quatuor londonien devenu quintette poursuit la mue amorcée sur “Acute Mania“ (2022), délaissant progressivement les autoroutes poussiéreuses du desert-rock pour s’aventurer sur des chemins plus sinueux.

Pas question pour autant de renier l’héritage Kyuss et consorts. Les riffs restent en partie massifs et le heavy-rock proposé ici conserve cette épaisseur qui fait la force du groupe. Mais désormais, les arrangements respirent davantage, les structures s’étirent et les harmonies vocales ouvrent de nouvelles perspectives. L’arrivée de Tom Cameron à la guitare et aux chœurs n’y est certainement pas étrangère, enrichissant une formule déjà particulièrement affûtée, tout comme la voix claire et posée du frontman Chris Haley, à mille lieues des grognements rocailleux du genre. Une singularité qui permet à Steak de dépasser le simple exercice de style et d’affirmer une véritable personnalité.

Plus progressif sans devenir cérébral, plus aérien sans perdre en puissance, ce disque trouve son équilibre dans la confrontation entre pesanteur et envolées mélodiques, jusqu’au morceau Short Arms, épopée de plus de sept minutes qui referme magnifiquement l’ensemble avec une ampleur épique bienvenue. Steak change de braquet, élargit son horizon et prouve qu’on peut quitter le désert sans perdre son mordant.