Deux ans après avoir posé une première pierre solide avec l’EP “Leeches“, Greyborn revient à la charge avec “Scars“, cinq nouveaux titres qui confirment tout le potentiel du trio dans les terres grasses et poussiéreuses du stoner. Sans bouleverser une formule déjà bien en place, le groupe franchit néanmoins un cap évident en matière de production. Plus ample, plus équilibré, le son gagne en profondeur sans rien perdre de sa puissance de frappe.
Car si Greyborn continue de vouer un culte fervent aux saturations massives et aux nappes de Fuzz franchement épaisses (mention spéciale au son de basse particulièrement savoureux dans le registre), chaque instrument trouve ici sa juste place. L’ensemble respire davantage, révélant au passage une écriture plus maîtrisée et des arrangements plus subtils qu’auparavant.
La vraie surprise vient de A Thousand Dreams Away, morceau plus enlevé et lumineux qui s’impose rapidement comme le hit de ce mini-album. Difficile de ne pas penser aux grandes heures de Queens Of The Stone Age tant le titre conjugue efficacité mélodique, groove irrésistible et sens du refrain.
Solide sur le fond, inspiré dans la forme, “Scars“ confirme que Greyborn n’est pas simplement un énième groupe de stoner nourri à la Fuzz. À mi-chemin entre l’élégance mélodique des hommes de Josh Homme et la lourdeur psychédélique de Mars Red Sky, le trio limougeaud réalise un EP particulièrement convaincant. Son principal défaut ? Sa durée. À peine le temps de s’immerger dans son univers que le disque touche déjà à sa fin. On attend désormais le premier album avec une impatience non dissimulée.

