TEST – CATALINBREAD WAKE

Le Chorus renouvelé se trouve ici, grâce à Catalinbread, qui l’a transformé en modulation à shoegaze pensée pour faire copain-copain avec tous les autres effets de votre pedalboard.

Comment réinventer une modulation qui a tout montré ou presque, dans ses versions ultra simples (Electro-Harmonix Small Clone) comme les plus complexes (Eventide TriceraChorus) ? Une question sur laquelle s’est penchée la marque américaine en bossant sur un effet qu’elle a voulu à la fois hors des sentiers battus et compatible avec un maximum d’autres pédales de votre set. Pour cela, elle a créé la Wake, qu’on peut considérer comme un Chorus shoegaze, sorte de prolongement du travail réalisé avec la Reverb Soft Focus (et par extension la Soft Focus Deluxe), qui était basée sur un algorithme tiré du rack Yamaha FX500. Ici, pas de Reverb, juste du Chorus. Mais attention, car en parallèle au circuit de modulation embarqué, se trouve un autre circuit qui lui développe une octave inférieure qu’on peut ajouter au son modulé pour un rendu plutôt inédit. De quoi donner de l’épaisseur à votre son de manière originale (en dosant intelligemment le potard de Mix) et faire de cet effet un always-on quand on s’en sert de manière discrète. Bien entendu, son utilisation en guise de modulation plus classique est, elle aussi, redoutable.

Clarté moderne
Oui, le Wake est un Chorus qui, comme de nombreux autres modèles du genre, apporte une petite rondeur et ce qu’il faut de chaleur à vos plans clairs (en plus de ce léger côté doublage de son discret si agréable). Mais ce qu’on apprécie ici, c’est sa facette un peu plus moderne. En effet, on conserve une vraie belle définition des notes et une certaine clarté quand on l’utilise. Un trait de caractère qui, bien entendu, plaira plus ou moins suivant les registres dans lesquels on s’exprime, mais qui apporte un vrai petit truc en plus de différent sans jamais sonner chimique ni froid. Puis vient l’ajout de la fameuse octave qui rend le son plus grave encore, mais avec ce côté arrière-plan qui ne prend pas trop le dessus (merci le circuit parallèle et son réglage individuel). On sent que cet apport change la donne tout en maintenant la nature originale de l’effet qui reste une modulation avant tout.

Un coup d’épais qui tranche
En actionnant une pédale d’Overdrive et en plaçant le Wake juste derrière, on apprécie à nouveau la jolie définition qui va rendre un solo et des arpèges crunchy sexy en diable. Plus on augmente le dosage de l’Octave, plus le son devient épais, mais en restant un vrai Chorus (on n’est pas non plus dans l’Octaver pur et dur, qu’il aurait d’ailleurs fallu placer avant le drive pour que ce dernier prenne en compte l’octave et la fasse aussi saturer). Mais il se passe un vrai truc qui enrobe le son différemment. Pour un résultat un brin plus vintage, une bonne Fuzz à l’ancienne peut vous servir. Avec le côté plus moderne de la Wake, on peut obtenir une légère couleur à la Jack White sur certains accents. On apprécie encore une fois son côté discret et épaississeur de son quand on reste raisonnable sur les réglages et que ce Chorus devient un always-on indispensable, parfait compagnon de vos autres effets qui vous fait défaut dès que vous décidez de le désactiver.

L’ajout de la spatialisation
Outre son excellent rôle de complément sonore addictif, la Wake offre de très jolies sonorités quand on pousse plus loin les régales Rate et Depth (voire le Mix, qui délivre un sorte de rendu entre Pitch et Vibrato quand il est poussé à son maximum). Quand l’Octave s’en mêle, on retrouve ce côté dream-pop qui, avec une Reverb, vous entraîne dans des contrées vaporeuses et savoureuses des années 90. C’est là que l’ajout d’une Reverb offre une dimension supplémentaire, tout en conservant ce côté shoegaze offert par ce Chorus. Fait intéressant, là où de nombreux adeptes de ce registre apprécient les fameux algorithmes de type Shimmer, le fait d’utiliser la Wake habille déjà suffisamment le son dans cet esprit pour vous tourner vers des types de Reverb plus classiques mais toujours larges (Church, Hall…). Car avec un effet Shimmer, une Reverb déjà modulée, on peut finalement ici se perdre un peu trop dans un type de son en partie déjà fourni par cette séduisante Catalinbread. Mais comme rien n’est jamais écrit, rien ne vous empêche d’expérimenter. C’est ce qui rendra votre son différent. Avec la Wake, vous aurez de nombreuses heures de voyage sonore en hautes sphères garanties.

Caractéristiques

  • Type : Chorus
  • Contrôles : Octave, Rate, mix, Depth
  • Connectique : In, Out
  • Dimensions : 110 x 60 x 49 mm
  • Poids : 0,18 kg
  • Origine : États-Unis
  • Prix : 239€
  • Distributeur : www.fillingdistribution.com

Matériel utilisé pour les samples audio
– Epiphone Les Paul LP-100 (1994)
– Mad Professor Simble Mk2
– ISP Decimator
– Catalinbread Wake
– Préampli / DI : IK Multimedia Z-Tone Buffer Boost
– Interface Audio : Zoom R16
– Two Notes Genome
– Valhalla Super Massive