On aurait pu penser qu’après quatre albums gorgés de riffs écrasants et de Fuzz en surchauffe, Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs allait enfin calmer le jeu. Raté. Avec “Death Hilarious“, les Britanniques appuient encore plus fort sur l’accélérateur et se fendent d’un long format agressif et tendu, sans doute le plus vicieux à ce jour. Ici, la lourdeur se pare d’une bonne dose de cynisme et d’excès, avec une pointe d’ironie grinçante qui rend l’ensemble encore plus corrosif.
Dès les premières secondes, le ton est donné. Les riffs tombent comme des parpaings, la rythmique cogne sans sommation et l’album refuse toute forme de confort. Les influences sont claires, mais digérées à la sauce Pigs x7 : l’écrasement des Melvins, la folie malsaine des Butthole Surfers, le tout passé sous un rouleau compresseur stoner/doom/noise lancé à pleine vitesse. Matthew Baty vocifère, aboie plus qu’il ne chante, en véritable possédé, à mi-chemin entre le prédicateur dégénéré et le chef de meute.
Chaque morceau est pensé comme une claque, chaque slogan éructé comme une provocation. Ce n’est pas un album qui cherche à séduire, mais à secouer l’auditeur jusqu’à l’épuisement. Là où certains groupes cherchent à lisser leur propos pour élargir leur audience, Pigsx7 choisit la voie inverse : plus sale, plus violent, plus extrême. Les Anglais ne cherchent aucunement à faire des concessions en assumant pleinement leur goût pour le chaos.
Punk dans l’attitude, stoner dans les riffs, noise dans l’approche, “Death Hilarious“ est un album massif, brutal et sans filtre, qui ne respecte rien, pas même ses propres codes. Un disque qui cogne dur et rappelle que le heavy, quel que soit sa forme, quand il est joué avec autant de hargne et de sincérité, reste une affaire de tripes et de volume.

