ORDOS – Fire – (Autoproduction)

Dans l’orgie des sorties d’albums qui ne cesse de prendre de l’ampleur depuis quelques années, certains groupes passent – hélas – sous les radars. La faute à pas de chance, à une absence d’une structure (label, attaché(e) de presse) digne de ce nom pour s’occuper de la communication, à une discographie irrégulière en termes de productions, ou a un manque d’intérêt plus ou moins prononcé pour les réseaux sociaux quand il faut occuper le terrain dans les périodes creuses. Ordos doit sans doute avoir coché toutes ces cases. Et c’est bien dommage tant ce nouvel et quatrième album – six ans après le dernier (autant dire un bail) – est une totale réussite, du premier au dernier morceau.

Le bien nommé “Fire“ est une explosion de décibels en bonne et due forme, un mélange chauffé à blanc de stoner, de sludge et de doom (tendance psyché). Oui, tout ça à la fois, sans même friser l’indigestion, bien au contraire, même avec des titres qui oscillent à chaque fois entre 8 et 9 minutes. Les Suédois originaires d’Uppsala manient avec un implacable savoir-faire les codes des genres précités, guitares épaisses et rugissantes quand il le faut, comme pour mieux souligner les quelques moments d’accalmie disséminés judicieusement aux quatre coins du disque, annonciateurs de nouvelles montées puissantes et souvent hypnotisantes, le genre de recette que l’on trouve dans la cuisine de Domkraft (autre formation suédoise talentueuse). Espérons que Ordos ne disparaisse pas durant les six prochaines années, histoire de se prendre plus régulièrement une aussi belle et grosse claque qu’avec le présent album. Du pur bonheur dans le genre.