Chez Mr. Bison, le riff n’a jamais été une fin en soi. Il sert de point de départ qui, avec “The Garden of Forgotten Dreams“, permet au quatuor toscan de pousser encore plus loin sa mutation vers un heavy-rock psych souvent progressif, où les guitares épaisses s’ouvrent sur des horizons plus vastes, parfois franchement cosmiques. Ça joue serré, ça groove, mais ça sait aussi lever le pied pour laisser entrer la lumière.
Les compositions s’étirent juste ce qu’il faut (une seule d’entre elles dépasse les sept minutes), se plaisent à changer de direction pour installer des ambiances diverses et variées sans perdre le fil. Le quatuor construit ainsi un univers sonore riche mais fluide, alternant poussées électriques, respirations contemplatives et développements instrumentaux qui doivent autant au psychédélisme qu’au space-rock. Les arrangements gagnent en ampleur, les mélodies en évidence, tandis que la section rythmique maintient constamment le lien entre pesanteur et mouvement. On croise les fantômes de Pink Floyd, l’approche spatiale de King Buffalo et les constructions plus ambitieuses d’Elder. Des références évidentes, mais jamais forcées : Mr. Bison digère tout ça pour façonner un disque qui possède sa propre personnalité.
Malgré sa richesse et ses nombreuses respirations, l’album ne donne jamais l’impression de se disperser. Tout converge vers cette idée de jardin-refuge imaginaire où souvenirs, rêves et ombres peuvent cohabiter (le thème central du présent long format). Une musique aérienne et suffisamment immersive pour donner envie de monter le volume, fermer les yeux et se laisser embarquer. Avec “The Garden of Forgotten Dreams“, Mr. Bison élargit son terrain de jeu sans perdre le goût du riff, exactement ce qu’on attend d’un bon voyage heavy psych.

