KWOON – Odyssey – (Autoproduction)

Ce troisième long format de Kwoon est un véritable carnet de voyages composé de douze récits. Une métaphore certes un peu facile, mais qui correspond parfaitement au CV de son géniteur (Sandy Lavallart pour l’état civil, aujourd’hui accompagné par un groupe dans lequel on recense deux membres de Los Disidentes Del Sucio Motel). Car notre homme est autant un musicien/compositeur qu’un globe-trotter avéré. Il aime les défis fous (comme celui d’envoyer une guitare jusque dans la stratosphère !), mais aussi les grands espaces et les endroits insolites où il emmène son matos (guitare, pédales…), s’inspire du lieu et enregistre dans la foulée. On a pu le voir ainsi composer sur l’aiguille du Triolet, face au Mont-Blanc (3 900 mètres), au pied du phare de Tévennec, au large de la pointe du Raz, ou encore du côté de plusieurs volcans, dont le Lanzarote aux Canaries.

“Odyssey“ retranscrit à merveille cet amour pour la musique au long cours, ce désir d’aventure et de voyages, avec le regard d’un artiste qui n’a pas perdu son âme d’adolescent (Youth). Il y a dans cet album touchant et fragile du Archive, du Pink Floyd, du Radiohead, du Mogwai, voire du Hans Zimmer pour le côté cinématographique, et un joli équilibre entre les errances sonores du post-rock et l’immédiateté mélodique de l’indie-rock. Mais il y a surtout beaucoup de Kwoon et de cœur, celui d’un musicien habité par la sincérité et par une kyrielle d’émotions. “Les gens ne font pas de voyages, ce sont les voyages qui font les gens“, disait John Steinbeck. Les beaux albums aussi, comme l’est définitivement “Odyssey“.