HORSEBURNER – Voice Of Storms – (Blues Funeral Recordings)

Dire que Horseburner n’a rien à voir avec Mastodon ou Baroness serait faire preuve d’une certaine mauvaise foi. Même goût prononcé pour les riffs en twin guitar, qu’ils se croisent à la tierce ou s’embrasent à la quinte, même appétit pour ces architectures lourdes et sinueuses où le sludge se fait épique, parfois franchement progressif. Mais réduire “Voice Of Storms“ à un simple jeu de miroirs serait passer à côté de l’essentiel.

Car ce quatrième album marque surtout le moment où Horseburner affine définitivement son ADN. Plutôt que de courir après les têtes d’affiche du genre, le groupe injecte à ses compositions une énergie heavy-metal old school, dosée avec intelligence, qui électrise chaque morceau. Les guitares sont massives, mais jamais plombées, les structures complexes sans sombrer dans la démonstration gratuite, et les mélodies suffisamment accrocheuses pour rester en tête longtemps après la dernière écoute.

Le point d’orgue arrive avec Widow, conclusion monumentale de plus de neuf minutes, un final vertigineux qui laisse l’auditeur groggy, les neurones en désordre. Quand le silence retombe, il devient évident que “Voice Of Storms“ est bien plus qu’un exercice de style : c’est un disque incandescent de guitares, bourré de riffs dévastateurs et d’élans quasi mystiques.

Un album capable de faire hocher la tête avec ferveur autant que de donner envie de danser pieds nus sous une pleine lune. Horseburner signe ici un long format à la fois puissant, élégant et viscéral. Du grand art, tout simplement.