Que les choses soient claires d’emblée : Doghouse Rose n’a jamais cherché à réinventer le punk-rock. Et c’est sans doute ce qui rend “Born To Break Even“ si attachant. Le quintette de Toronto maîtrise à la perfection cette recette héritée des grandes heures de Fat Wreck Chords et Epitaph, avec des riffs qui filent à toute allure, des refrains fédérateurs, des harmonies impeccables et cette énergie qui donne immédiatement envie de prendre la route, fenêtres ouvertes et volume de l’autoradio réglé sur onze.
Mais réduire ce troisième album à un simple disque de skate-punk serait une erreur. Derrière les mélodies irrésistibles des onze titres du présent disque se cachent parfois des textes plus sombres, qui évoquent le deuil, la frustration, la résilience ou encore la santé mentale sans jamais sombrer dans le pessimisme exagéré. Doghouse Rose préfère transformer les coups durs en hymnes à reprendre le poing levé plutôt que de s’apitoyer sur son sort. La voix de Sarah Beth apporte ce mélange de fragilité et de mordant qui fait mouche, tandis que la production de Scott Komer offre suffisamment de relief pour laisser respirer les arrangements sans émousser leur spontanéité.
Et qu’importe si les codes des années 90 se voient ici comme le nez au milieu de la figure, Doghouse Rose prouve qu’il est encore possible de faire vivre ce son avec sincérité, fraîcheur et une bonne dose de cœur (avec les doigts). “Born To Break Even“ ne révolutionne en rien le genre, mais rappelle brillamment pourquoi on aime toujours autant le punk-rock mélodique.

