La vie n’est pas toujours un long fleuve tranquille, encore plus quand des problèmes de santé viennent d’un coup l’assombrir. Tout peut basculer d’un instant à l’autre sans qu’on puisse y faire quelque chose et les doutes s’installent de manière durable. C’est assurément ce que Matt Bigland, le chanteur/guitariste de Dinosaur Pile-Up a dû ressentir durant ces dernières années passées dans les hôpitaux, frappé par une colite ulcéreuse qui aurait pu lui coûter sa carrière, voire la vie. Autant dire que ce cinquième album du trio britannique est plus qu’un exutoire : c’est une véritable résurrection.
Six ans après l’excellent “Celebrity Mansions“, Dinosaur Pile-Up revient plus fort que jamais. La rage est intacte, l’envie décuplée. Influencés par un trio magique issu des années 90 (Nirvana en tête de liste, Foo Fighters, Weezer), les trois compères balancent des riffs massifs, des refrains taillés pour être chanter à l’unisson en concert et autres mélodies imparables avec une aisance digne des plus grands groupes du genre. Un vrai régal hautement addictif pour tous les fans de power-pop et d’indie-rock, de temps à autre tartiné à la sauce grunge, de premier choix. Mais les protagonistes savent aussi décélérer quand il le faut, réussissant avec brio le toujours difficile exercice de la ballade (Love’s The Worst, I Don’t Love Nothing And Nothing Loves Me et ses forts accents weezeriens). Point de temps morts pour autant. Les douze morceaux s’enchaînent comme une seule déclaration : Dinosaur Pile-Up est bien vivant et ça s’entend sacrément.
“I’ve Felt Better“ n’est pas seulement un retour, c’est une victoire sur le néant. Matt Bigland aurait pu disparaître. Il a choisi de convertir sa douloureuse expérience en un disque sincère et terriblement humain, dans lequel on y retrouve l’énergie des débuts du groupe, flanquée d’une maturité modelée par les affres de la vie. Oui, Dinosaur Pile-Up, et surtout son frontman, ont déjà connu mieux. Et ce disque prouve que parfois, le rock, quelque soit la forme qu’il peut prendre, est encore la meilleure façon de se relever. Chapeau bas, messieurs.

