COHEED AND CAMBRIA – Vaxis Act III – The Father Of Make Believe – (Virgin)

La formation emmenée par Claudio Sanchez a toujours réussi à conserver le cap musical qu’elle s’était fixé, quitte à semer le trouble chez ceux qui n’arrivent définitivement pas à cerner sa musique. Du prog-rock mâtiné de pop-punk ? Du rock alternatif mélodique à teneur progressive ? Un peu de tout en même temps. Ce n’est pas ce troisième volet de la saga “Vaxis“ qui dira le contraire. Car le groupe aime les exercices en plusieurs épisodes (on se souvient des deux volumes de “Good Apollo, I’m Burning Star IV“ en 2005 et 2007, et des deux épisodes de “The Afterman“ en 2012 et 2013). Comme avec les deux albums précédents, l’impression de se plonger dans une expérience immersive ressemblant à un film dont on suivrait l’intrigue au fil des morceaux se fait à nouveau ressentir.

Si une certaine légèreté pop se fait proéminente en début d’album (les tubesques Someone Who Can et Goodbye Sunshine), Coheed and Cambria n’hésite pas à durcir certains riffs (Searching For Tomorrow, Play The Poet), tout en restant dans les clous (le rendu restera toujours mélodique à l’arrivée). Alors que le menu fleure le rock FM et le prog mélodique dans ses grandes lignes, la fin d’album vient soudain nous rappeler que le combo n’a jamais été aussi bon que quand il n’hésitait pas à se lancer dans une vraie épopée progressive ambitieuse au sens noble du terme. The Continuum, morceau divisé en quatre parties, reste, quoi qu’en en dise, le grand moment de bravoure de ce disque. Coheed and Cambria a beau pondre de jolies chansons plus accessibles sur la longueur, il reste ce groupe qui nous a marqués il y a une vingtaine d’années quand il se fait plus aventureux. Et cette fin d’album le prouve à nouveau.