KONGH – Dissolved in Time – (Trust No One Recordings)

Treize ans après son dernier album, Kongh refait surface sans donner l’impression d’avoir été rattrapé par le temps. Depuis ses débuts discographiques en 2007, le trio suédois s’est toujours distingué par une approche personnelle du metal, entre fureur plus ou moins contenue et atmosphères suspendues. “Dissolved in Time“ ne renie rien cet héritage, mais refuse également de jouer la carte du retour en arrière.

La puissance reste évidemment au rendez-vous. Les accordages abyssaux, la basse grondante et une batterie qui frappe comme une enclume installent des fondations typiquement sludge, tandis que la voix, tantôt arrachée aux entrailles, tantôt plus nuancée, apportent une dimension profondément humaine à l’ensemble. C’est également dans les respirations que le disque trouve une partie de sa singularité. Et dans ces moments-là, le groupe déploie alors un doom aux climats lourds et majestueux, propices à une immersion progressive.

Kongh sait surtout faire durer l’attente. Les morceaux prennent leur temps (sur les trois titres, l’un avoisine les 19 minutes, un autre dépasse allègrement les 12 minutes), enfoncent volontiers le clou, déplacent les repères et laissent les motifs s’imbriquer jusqu’à former de vastes paysages sonores hypnotiques. Rien ne semble superflu dans ces développements où la tension naît autant de la répétition que des ruptures de dynamique.

Après une si longue période sans sortir de disque, David Johansson (chanteur, guitariste et tête pensante du trio) et ses deux compères auraient pu se contenter de juste raviver la flamme. Kongh a plutôt choisi de prolonger son histoire en l’emmenant ailleurs avec une maturité nouvelle. Treize ans d’absence pour un retour aussi convaincant, voilà qui valait largement la peine.