HORSKH – MTNT – (Wire Control)

Avec “MTNT“, et ce en moins de vingt-huit minutes chrono, Horskh condense une musique résolument hybride, qui refuse obstinément de choisir son camp. Électro, indus, metal (du moins dans l’énergie déployée), pulsations synthétiques et décharges bruitistes s’entrechoquent dans un même mouvement, quelque part entre le groove clinique de Nine Inch Nails, l’agressivité mécanique de Ministry et les néons crépitants de Carpenter Brut. Dix morceaux pour un disque aussi compact qu’insaisissable, où chaque mutation semble en appeler une autre. Ça tombe bien, “MTNT“ parle justement de mutations diverses et variées, qu’elles soient intimes, sociales ou technologiques. Et ici sonores, cela va de soi.

Horskh ne se contente plus de marteler et déplace ses propres limites, alterne frontalité et mélodies, tensions et étrangetés, efficacité immédiate et détours plus aventureux. Les guitares épaisses – qu’on imagine passées à la moulinette de la MAO – côtoient les machines sans jamais leur servir de simple faire-valoir, tandis que la voix passe de l’incantation au cri avec une même urgence.

Le trio bisontin annonce son disque le plus extrême et aventureux. Difficile de lui donner tort. Sans chercher l’esbroufe expérimentale, “MTNT“ élargit la formule Horskh jusqu’à la rendre presque mutante. Et lorsque Carpenter Brut vient apporter sa signature à Connected, le résultat paraît moins être un featuring qu’une conséquence logique, celle d’un disque qui refuse toute frontière fixe.