Alors que l’incertitude liée à la pandémie continue de paralyser une bonne partie du monde de la musique, certains groupes choisissent l’attentisme. D’autres, au contraire, transforment cette période trouble en formidable moteur créatif. King Buffalo appartient clairement à cette seconde catégorie. Le trio de Rochester s’est lancé un défi aussi ambitieux qu’audacieux : publier trois albums en une seule année. Et à l’écoute de “The Burden Of Restlessness“, premier volet de cette trilogie annoncée, on se dit que le pari est déjà largement gagné.
Fidèle à ce mélange de heavy-rock psychédélique et de space-rock dont il maîtrise parfaitement les codes, le groupe évolue dans des territoires qui rappellent parfois All Them Witches, tout en affirmant une identité de plus en plus forte. Dès les premières minutes, les Américains imposent une atmosphère dense et magnétique. Des morceaux comme Silverfish ou l’impressionnant Grifter déploient des riffs massifs, des montées en tension hypnotiques et un sens du groove qui fait mouche à chaque fois.
Au fil de ses sept compositions, “The Burden Of Restlessness“ navigue avec une incroyable aisance entre obscurité oppressante et échappées cosmiques. Les ambiances se succèdent sans jamais rompre le fil conducteur d’un album aussi cohérent qu’inspiré, qui confirme tout le talent d’un groupe en pleine ascension.
Un véritable must dans le genre, probablement l’un des sommets du heavy-psych de cette année 2021, et une entrée en matière qui donne furieusement envie de découvrir les deux chapitres suivants.

