Le 19 juin 2026, les Foo Fighters étaient de retour en France pour une unique date à Paris La Défense Arena. À voir la ferveur qui régnait aux abords de la salle avant le début des hostilités, on aurait cru assister au retour d’un cousin éloigné dont on avait perdu la trace depuis trop longtemps.
Parce qu’au fond, c’est un peu ça, les Foo Fighters. Le dernier groupe de rock mainstream capable de remplir des enceintes gigantesques tout en donnant l’impression de jouer dans le garage du voisin. Un paradoxe dont Dave Grohl demeure le principal artisan.
Complètement Foo
Quand le bonhomme déboule sur scène, guitare en bandoulière et sourire large comme son pays de naissance, la messe est dite. Devant lui, près de quarante mille personnes (la plus importante jauge dans une enceinte française comme l’a rappelé le frontman des Foo, touché par l’accueil du public tricolore). Derrière lui, quarante ans d’une carrière qu’aucun scénariste n’aurait osé imaginer : batteur d’un groupe devenu mythique, survivant malgré lui de l’explosion Nirvana, puis patron d’une machine à hymnes capable de traverser trois décennies sans jamais perdre son pouvoir fédérateur.
Le plus impressionnant de ce concert XXL reste que Grohl semble toujours prendre autant de plaisir à être là. Pas de distance, pas de posture, pas de discours grandiloquent. Juste un type qui aime le rock et qui joue comme si sa vie en dépendait encore.
Pendant presque trois heures, les Foo Fighters déroulent un catalogue devenu monstrueux. All My Life, The Pretender, Learn To Fly, My Hero, Best Of You, Everlong… Chaque morceau déclenche son lot de bras levés et de chœurs gigantesques. À certains moments, la foule couvre presque le groupe. Ce n’est plus un concert, c’est un karaoké géant organisé par l’un des plus gros groupes de rock de la planète.

Mais la bonne surprise vient aussi du regard porté vers le passé. Si de nombreuses formations installées se contentent d’aligner les tubes comme des obligations contractuelles, les Foo Fighters ressortent quelques pépites du premier album. Big Me, For All the Cows, Exhausted, ou encore This Is A Call surgissent comme des cartes postales envoyées depuis 1995. Une attention qui ne trompe pas. Malgré leur statut de mastodonte, les Foo Fighters n’ont jamais complètement oublié d’où ils venaient. Preuve en est également avec le titre Marigold, composé par l’ami Dave pour la face B du single de Nirvana, Heart-Shaped Box.
L’un des moments forts de la soirée survient lorsque Grohl reprend place derrière la batterie, à l’occasion d’un medley un peu fou (Foo ?) pour présenter les membres du groupe. Quelques minutes suffisent pour rappeler qu’avant de devenir l’un des frontmen les plus populaires du rock actuel, il était déjà un frappeur de fûts hors norme (on retiendra aussi la prestation époustouflante à la guitare du petit nouveau, Ilan Rubin) . L’ovation est instantanée. Les années défilent. Seattle n’est jamais très loin.
Bien sûr, tout n’est pas parfait. Comme souvent à Paris La Défense Arena, l’acoustique joue parfois les trouble-fête. Certains passages manquent de définition, quelques fréquences se perdent dans l’immensité du lieu. Mais franchement, qui s’en soucie lorsque des dizaines de milliers de personnes hurlent avec ferveur les paroles de Best Of You à l’unisson ?

Élixir de jouvence
C’est peut-être là que réside le secret de la longévité des Foo Fighters. Dans une époque où le rock semble parfois condamné à être rangé aux oubliettes, Grohl et ses compères de jeu continuent de démontrer qu’une bonne chanson, un gros riff et une dose conséquente d’honnêteté peuvent encore déplacer des montagnes.
Trois heures plus tard, les lumières se rallument et les visages affichent cette fatigue heureuse que seuls les grands concerts savent provoquer. Les Foo Fighters n’ont pas réinventé le rock ce soir-là. Ils ont fait quelque chose de plus intense : rappeler pourquoi on l’aime encore. Merci messieurs pour cette sacrée soirée. Ne changez rien, mais revenez voir le public français plus souvent, il le mérite.
Photos : © Marion Ruszniewski
Setlist
All My Life / The Pretender / Times Like These / Rope / Stacked Actors / My Hero / Learn To Fly / These Days / Walk / This Is A Call / No Son Of Mine (+ Aces Of Spades de Motörhead) / Wheels / Marigold / For All the Cows / Big Me / Under You / La Dee Da / Your Favorite Toy / Medley (Invincible // Seven // One Headlight // Manimal // Tap Dancing In A Minefield) / Monkey Wrench / Breakout / Aurora / Caught In The Echo / Best Of You
Rappel
The Teacher / Exhausted / Everlong

