Quarante ans après avoir fait entrer en 1984 le larsen dans la pop avec une insolence toute écossaise, les frères Reid n’ont rien perdu de leur instinct mélodique. Sur ce huitième album, The Jesus And Mary Chain s’autorisent pourtant quelques écarts de trajectoire. L’indie-rock noisy qui a bâti leur légende demeure bien présente, mais elle se frotte à des textures électroniques héritées de Suicide sur le vénéneux Venal Joy, croise les ombres gothiques de Bauhaus sur Discotheque et s’offre même une escapade du côté de la power-pop, quelque part entre soleil et sarcasme, avec The Eagles And The Beatles.
Comme toujours chez les Mary Chain, les références ne servent jamais de béquilles, elles alimentent un univers qui n’appartient qu’à eux. Fidèles à leur goût du contre-pied, les frangins continuent d’avancer en francs-tireurs. Et c’est sans doute pour cette liberté farouche qu’on les suit encore, quatre décennies plus tard.

