KYLESA – La Maroquinerie (Paris) – 12/06/2026

Certaines absences finissent par devenir longues. Et pas qu’un peu. Douze ans après son dernier passage parisien, Kylesa retrouvait enfin la Capitale dans le cadre intimiste de La Maroquinerie. Un concert attendu de longue date par les amateurs de doom/sludge psychédélique, venus en nombre remplir la salle du XXe arrondissement de Paris.

C’est à Starmonger qu’incombe la lourde tâche d’ouvrir la soirée. Si le trio français de stoner/doom cosmique a globalement fait le job, les premiers rangs hochant la tête avec conviction, et que son second album (“Occultation“) sorti en novembre 2024 est fortement recommandable, quelques détails en live devront être améliorés pour franchir un cap.

Kylesa, le retour
Lorsque Laura Pleasants (chant/guitare) et Phillip Cope (chant/guitare) apparaissent sur scène, accompagnés pour l’occasion par une section rythmique de premier choix avec le phénoménal Roy Mayorga à la batterie (Nausea, Soulfly, Stone Sour, Ministry, Jerry Cantrell) et John John Jesse à la basse (Nausea, Morning Glory), l’accueil est à la hauteur de l’attente. Pas besoin d’artifices, quelques notes de guitare suffisent à déclencher une véritable ovation. D’emblée, le quatuor frappe fort. La puissance caractéristique de son sludge se mêle à cette dimension psychédélique qui a toujours distingué la formation fondée à Savannah, dans l’état de la Géorgie, de la concurrence.

Ce qui impressionne durant un peu plus d’une heure, c’est la facilité avec laquelle Kylesa passe de riffs décapants à des passages plus atmosphériques. Les harmonies vocales entre Pleasants et Cope, véritable marque de fabrique du groupe, demeurent intactes, tandis que les guitares dessinent des spirales sonores hypnotiques. Sur scène, chaque morceau semble gagner en épaisseur. Les titres issus de “Static Tensions“ et “Spiral Shadow“ (les deux albums les mieux représentés dans la setlist question nombre de morceaux) prennent une dimension quasi physique, enveloppant littéralement la salle.

Le public parisien ne s’y trompe pas. Les pogos s’enchaînent et l’intensité est constante. On sent surtout une véritable communion entre le quatuor américain et ses fans, heureux de retrouver une formation devenue culte au fil des années. Ça slame, ça organise à l’arrache des wall of death (pas facile dans une salle telle que La Maro) et ça reprend en chœur certains refrains, preuve que l’influence de Kylesa dépasse largement le cercle des initiés.

Dans une Maroquinerie affichant complet et parfaitement adaptée à ce type de prestation, les Américains livrent un concert dense, sans temps mort, servi par un son massif mais étonnamment précis (seul bémol, la voix de Phillip Cope trop souvent noyée dans le mix). Un concert qui rappelle pourquoi leur come-back sur les routes européennes constituait l’un des événements sludge de l’année.

Au moment de quitter la scène, les sourires sont partout. Ceux des membres du groupe, manifestement touchés par l’accueil parisien. Ceux du public, conscient d’avoir assisté à un retour longtemps espéré. Une chose est sûre : douze ans d’absence pour les fans parisiens, c’était beaucoup trop long.

Photos : © Christian Ravel

Setlist
Tired Climb / Bottom Line / Don’t Look Back / Clutches / Cheating Synergy / Descend Within / Only One / Said and Done / Unspoken / Hollow Severer / Unknown Awareness / Where the Horizon Unfolds / Scapegoat
Rappel
To Forget / Running Red