MARCO BARTOCCIONI – Bartok – (Autoproduction)

Avec “Bartok“, Marco Bartoccioni poursuit son exploration d’un territoire situé quelque part entre un blues ancestral, l’americana et un rock teinté parfois de soul. Fort de plus de vingt-cinq ans de carrière, le musicien italien signe ici un disque qui reflète parfaitement sa personnalité. Notre homme est indéniablement respectueux des traditions, sans pour autant en être prisonnier.

Ici, le multi-instrumentiste italien affine encore un peu plus cette identité singulière où la lap steel n’est plus seulement un instrument, mais une véritable voix narrative. Bartoccioni ne cherche pas à recycler les codes familiers du genre, il préfère les tordre, les étirer et les confronter à des textures contemporaines. Le résultat évoque autant certaines figures du blues-rock que les explorateurs sonores capables de transformer une mélodie en paysage cinématographique.

Le point central du disque reste néanmoins son jeu de lap steel. Chaque glissando semble raconter une histoire différente. Les chansons avancent avec une assurance tranquille, servies par des arrangements qui refusent l’esbroufe. On sent derrière chaque note un musicien qui connaît parfaitement les rites et coutumes d’une telle musique, mais refuse d’en devenir le conservateur.

À l’écoute de ce “Bartok“ aux allures plus de EP que d’un long format classique (huit titres pour un peu moins de trente minutes), il est clair que l’ami Marco n’est pas en quête du tube immédiat. Son truc, c’est de construire une atmosphère durable, faite de nuances et de détails qui se révèlent au fil des écoutes. Dans une époque où beaucoup confondent authenticité et nostalgie, Marco Bartoccioni rappelle qu’une musique enracinée peut aussi regarder vers l’avant. Un album mature et incarné, qui confirme l’artiste italien comme une voix singulière au sein de la scène blues-rock actuelle.