THE MOLOTOVS – Wasted On Youth – (Marshall Records)

Avec “Wasted On Youth“, les Londoniens de The Molotovs se fendent d’un premier album qui déborde d’urgence et d’électricité juvénile. Mathewet Issey Cartlidge, frère et sœur pour l’état civil, balancent dix titres tendus comme des câbles haute tension, avec la fougue de ceux qui préfèrent brûler la mèche plutôt que d’attendre l’explosion, quelque part entre l’héritage mod et la sueur des clubs de la Perfide Albion, trop petits pour contenir leurs hymnes.

Les guitares sont tranchantes, portées par une rythmique sèche et nerveuse. Mais derrière cette nervosité d’adolescents (les deux protagonistes n’ont même pas la vingtaine), “Wasted On Youth“ révèle un vrai sens de la mélodie, avec de nombreux refrains imparables, qui s’incrustent dans le crâne et refusent d’en sortir. On pense parfois à l’énergie brute de The Jam (voire à l’indie-rock racé d’une autre époque de The Undertones), à la tension romantique de The Libertines, ou à la brit-pop des des mauvais garnements de Manchester (Daydreaming). Un long format bourré de références, il faut l’avouer, sans pour autant que le groupe ne tombe dans la simple révérence.

La production, elle, refuse les fioritures inutiles. Ça sonne live, frontal, presque cabossé. “Wasted On Youth“ n’est peut-être pas encore le grand disque générationnel que certains attendent, mais c’est un coup de semonce vibrant et fougueux. Et dans un paysage musical parfois trop policé, ce genre de déflagration fait un bien fou.