Alors qu’il s’apprête à dévoiler “Location Lost“ le 24 avril 2026, le trio originaire de Los Angeles en propose un nouvel avant-goût. Après l’atmosphérique The Air’s On Fire, Failure enfonce le clou avec A Way Down, un morceau ciselé comme une nuit sans lune, où les réminiscences gothiques se mêlent à une tension sourde et hypnotique. On y devine l’ombre de figures tutélaires de la new-wave, mais filtrée à travers cette alchimie singulière que le groupe affine depuis des décennies via un post-hardcore tout en nuances et réfléchi.
« Musicalement, A Way Down est un hommage à deux groupes qui m’ont vraiment donné envie de me mettre à la guitare et d’essayer de composer ma propre musique : The Cure et Siouxsie & The Banshees, plus précisément leurs albums du début des années 80 comme “Juju“ et “Pornography“ », explique Ken Andrews (chant/guitare). « J’ai été captivé par le style de guitare nerveux et les atmosphères sombres et sans concession qui se dégageaient de ces disques. Au niveau des paroles, A Way Down est une nouvelle réflexion sur l’incompréhension et la solitude qui en découle souvent. Ici, pas de lueur d’espoir. »
Loin de se reposer sur ses acquis, Failure semble ici en pleine mue. A Way Down ne sonne pas comme un clin d’œil nostalgique, mais comme une balise dans un territoire toujours en (dé)construction. Une preuve supplémentaire que la formation américaine n’a jamais été un groupe de répétition, mais bien de transformation.
Enregistré dans le sillage du documentaire Every Time You Lose Your Mind (disponible sur Hulu/Disney+), qui revenait sur la carrière tumultueuse du groupe, “Location Lost“ refuse toute tentation de regard en arrière. À la place, un disque qui questionne, explore, doute et avance.
Trente ans après “Fantastic Planet“, monument aussi massif qu’intemporel (et définitivement culte), Failure ne cherche pas à égaler son passé. Il le contourne, le redéfinit, et prouve avec sérénité que la véritable fidélité artistique réside dans le mouvement.
Photo : © Lindsey Byrnes

