Bassiste et chanteur de 7 Weeks, Julien Bernard nous livre les secrets du matos qu’il utilise aussi bien sur scène que sur le dernier album en date du groupe, l’excellent et puissant “Fade Into Blurred Lines“.
Basse
Je joue sur plusieurs basses pour des histoires d’accordage et de son. J’ai beaucoup utilisé ma Fender Precision Elite (je suis endorsé par la marque) et ma Thunderbird, une copie Greco des années 70. J’ai aussi eu sur scène une Music Man StingRay de 90 (aux débuts du groupe), une Sandberg PM4, une Fender Precision Duff Mckagan, une Fender Jaguar Troy Sanders et une Rickenbacker 4003.
Depuis plusieurs années, les gens de chez Tocxic Instruments travaillaient sur un prototype pour remplacer ma Greco, qui est assez vieille et manque de pêche pour la scène. Le Covid est passé par là, repoussant le projet. Une première basse est arrivée en 2022, qui a servi de test pour aboutir en 2024 au modèle Tocxic 7 Weeks, testé et approuvé en tournée. Elle a remplacé la Thunderbird sur scène, c’était le but. J’adore le son vintage de la Greco, mais il est très dur à placer dans un mix live, trop de bas médiums, comme beaucoup de basse vintage. Il était difficile d’avoir un rendu convaincant et clair pour mes lignes de basses qui utilisent des cordes à vide en bourdon, des accords etc… Avec les micros Custom Shop Seymour Duncan (modèles signature de Lemmy) de la Tocxic, j’obtiens un rendu beaucoup plus tranchant et puissant. De plus, le design est super cool et c’est un bon instrument qui me permet de jouer les lignes de basse de l’album “Fade Into Blurred Lines“ avec un son très satisfaisant dans une sono.
Question cordes, je suis endorsé par Dunlop et j’ai une préférence pour les Nickel Wound. Les tirants sont 50-110 pour l’accordage en D et 50-115 pour celui en Drop C. Si la brillance est relative par rapport à d’autres marques, ces cordes gardent plus longtemps un certain du grain et un côté crunch qui va bien au médiator.
Ampli
J’ai eu pendant des années des Sunn 1200S, de véritables monstres de 1200 watts sous 2 ohms, avec un son énorme. Puis, avec l’endorsement Fender, j’ai pu tester la tête Bassman 800, qui sonne très proche d’une Sunn (Fender avait racheté Sunn), avec juste un peu moins de grain et de pêche. Mais je n’ai aucun regret d’avoir changé, surtout que nous jouons quand même beaucoup moins fort qu’à une époque, et que la Bassman 800 ne pèse rien. C’est un excellent compromis pour le live.
Mon son étant relativement filtré par des préamplis et des pédales de saturation, je ne suis pas à la recherche de l’ampli à lampes ultime. Je suis plutôt attiré par des outsiders à transistors, comme le Sunn Beta Bass qui, couplé à mon Fender, fait des ravages. C’est LE son que je voulais obtenir depuis longtemps. Malheureusement, il est très dur d’en trouver d’occasion. J’en cherche un, si jamais…
Sunn fabrique à nouveau ces amplis depuis peu, mais ils ne sont vendus que pour le marché américain ou alors ils sont très chers à cause des taxes. Mon baffle est mon fidèle Ampeg 810 que j’ai depuis 2000, mais le Beta Bass sonne bien mieux sur un 15 pouces.
Effets
J’utilise essentiellement des pédales d’Overdrive et des distorsions, que je mixe en fonction des parties à jouer : Ibanez TS9B, Okko Motorbass et Mög 4 Band Distortion. J’ai un POG d’Electro-Harmonix pour créer des effets de type claviers, une Cry Baby Bass Wah et une TC Electronic Viscous Vibe (qui garde bien les basses). Je gère mes effets avec une Boss LS2, pratique pour enclencher plusieurs pédales d’un coup et doser les niveaux Dry et FX. J’envoie la ligne avec les effets dans un Tech 21 VT Bass et celle non traitée dans un Tech 21 Bass Driver.
Photo : © Jérémie Noël Photographie

