YÜ – The Calling – (M&O Music)

Avec “The Calling“, Yü rappelle que, parfois, il suffit juste d’être deux pour faire beaucoup de bruit. Le duo formé par Noémie Alazard (chant, batterie) et Yoann Laven (guitare) avance sans filet, dans une formule frontale qui renoue avec l’instinct primaire du rock, qu’il soit estampillé grunge ou garage dans l’esprit, quelque part entre Hole, The Kills et les débuts discographiques de PJ Harvey.

Kiss The Dog donne le ton d’emblée : riff râpeux, frappe sèche, voix habitée, comme lancée dans une sorte de prêche garage-punk sous haute tension. La suite ne relâche jamais vraiment la pression. Wildfire (dans sa seconde partie) et Burning Dreams roulent des mécaniques avec un grunge nerveux, tandis que Kings – en guise de conclusion – fonce droit devant, avec cette urgence qui donne l’impression que tout pourrait déraper à chaque mesure.

Mais ne se contente pas de cogner. Derrière une approche de prime abord brute de décoffrage se dessine un univers plus singulier, nourri d’images, de symboles (autant sur disque que sur scène et dans les visuels proposés). La paire de musiciens sait aussi ralentir la cadence et laisser respirer la guitare, ouvrant des espaces plus intimistes (Outside) ou plus planants (Try To Run).

Huit morceaux, pas un de trop. “The Calling“ est de ces disques courts qui frappent vite et bien. Un rock sec, nerveux, qui transpire la sueur et l’électricité. Un premier essai réussi pour un duo à suivre de près.