Cinq ans. C’est le temps qu’il aura fallu à Echo Says Echo pour donner une suite à “Pause“. Mais parler de suite serait réducteur. “Aithaleia“ sonne plutôt comme une remise à plat, un disque qui regarde ses fondations droit dans les yeux avant de décider lesquelles méritent d’être conservées. Line-up redessiné, envies redéfinies, écriture plus collective : ici, rien n’a été laissé au hasard. Renaissance ? Peut-être bien… On préférera parler de mutation assumée.
Le titre de l’objet, emprunté au nom antique de l’île d’Elbe, convoque la suie, le feu, quelque chose de minéral et d’organique à la fois. Et c’est exactement ce que raconte le disque : une matière sonore qui se consume lentement, des guitares qui s’effilochent en volutes électriques avant de se heurter à des murs d’intensité. En six morceaux, le groupe dessine un paysage mouvant, oscillant entre une tension contenue et des éclaircies presque contemplatives. Du post-rock instrumental savamment élaboré dans les règles de l’art, c’est une certitude, quelque part entre les grandes nappes atmosphériques d’Explosions In The Sky et la tension progressive de God Is An Astronaut. La filiation existe, mais l’identité du quatuor parisien reste intacte.
En conclusion, Dissensus laisse une impression de suspension, un dernier tourbillon mélancolique qui continue de vibrer une fois que les dernières notes disparaissent. “Aithaleia“ ne cherche pas l’effet immédiat. Il s’installe, patiemment. Chaque montée, chaque rupture semble pensée comme un chapitre de roman sans paroles. Et c’est sans doute là que réside sa plus grande force.

