Avec “Generation Ship: Endless Drift Through Infinity“, premier long format des Italiens de Desert Collider, le label Small Stone Records ajoute une nouvelle pierre à son édifice rocailleux déjà bien fourni. Mais loin de se contenter de recycler les codes du genre, le quatuor choisit d’y injecter une vraie dimension cosmique, entre science-fiction et voyage introspectif.
Autant planter le décor d’entrée de jeu avec un puissant Orphans of the Sky Part I: Generation Ship en ouverture, qui rappelle conjointement les grandes heures de Kyuss dans un premier temps et de Monster Magnet (dans la seconde partie du titre) : guitares épaisses comme un mur d’amplis chauffés à blanc, basse ronflante, groove poussiéreux. Mais Desert Collider ne se limite pas à une simple célébration du riffing dans toute sa splendeur. Derrière la Fuzz massive qui déborde de bon nombre de morceaux, le groupe sait aussi glisser des nappes atmosphériques, élargissant considérablement l’horizon sonore du présent disque.
Ce qui fait la force de cet album, c’est sa cohérence. Pensé comme un récit librement inspiré du roman Orphans Of The Sky de Robert A. Heinlein, les huit titres évoquent la dérive, la transformation et la recherche de sens à travers un voyage interstellaire métaphorique. Une thématique qui colle parfaitement à ce mélange de stoner charnu à souhait, de heavy-rock planant et de touches progressives.
Pour un premier album, “Generation Ship: Endless Drift Through Infinity“ affiche une ambition rare avec un solide équilibre entre lourdeur maîtrisée et échappées cosmiques. Desert Collider ne cherche pas seulement à faire vibrer les amplis, ce qu’il fait d’ailleurs de fort belle manière, mais également à construire un univers affirmé qui mérite amplement d’être explorer de fond en comble. Gageons qu’avec une telle entrée en matière, le quatuor transalpin devrait assurément trouver une place de choix dans la discothèque des aficionados de stoner, desert-rock et autres joyeusetés du même acabit.

